Miroir Charles XII suédois de Gustav Precht en verre églomisé1 sur 7 photos

Miroir Charles XII suédois de Gustav Precht en verre églomisé

90 000 €

A propos de

Très rare miroir à fronton en verre églomisé sur fond rouge, par Gustav Precht époque Charles XII suédoise. Le fronton à réserves, de forme chantournée, est surmonté de vases fleuris. Le miroir, de forme rectangulaire, comporte un double encadrement à parecloses. Il présente un très riche décor composé de plaques de verre églomisé ornées de guirlandes et de rinceaux feuillagés dorés, puis gravés, sur fond rouge. La structure alliant le bois, le bronze et le plomb doré, est ornée de motifs tirés des recueils de Jean Ier Bérain ou de Daniel Marot, tels que : vases fleuris, rinceaux feuillagés, rosaces,

entablements, agrafes et moulures à oves. Époque Charles XII, Stockholm, début du 18ème siècle

Gustav Precht (1698 - 1763) et la technique du verre églomisé

Conçus à l'imitation des marqueteries, dites Boulle, les miroirs en verre églomisé restent des objets d'exception, dont le prix très élevé les destinait principalement aux demeures princières ou à celles de collectionneurs fortunés. Tout aussi rares que les miroirs aux encadrements marquetés de cuivre et d'écaille, leur décor s'inspire généralement, à l'instar de ces derniers, des gravures d'ornement de Jean Ier Bérain ou de Daniel Marot. On est très mal renseigné sur les artisans pratiquant l'art du verre églomisé et l'histoire n'a conservé que le souvenir de Jean-Baptiste Glomy (vers 1711 - 1786), dessinateur et encadreur parisien, dont le nom est à l'origine de l'appellation de cette technique. Pratiqué depuis l'Antiquité, ce procédé assez complexe connut un regain d'intérêt en Europe à partir de la fin du XVIIe siècle : il consistait à fixer sous verre un décor exécuté à la feuille d'or et gravé à la pointe, puis recouvert de vernis colorés. Selon Glomy, le verre à décorer était enduit, d'un côté, de - glaire - (mélange de blanc d'œuf et d'eau), sur lequel était déposé une feuille d'or ou d'argent. Une fois que l'ensemble avait séché, le motif était tracé avec soin à l'aide d'une aiguille fine, l'arrière-fond gratté, puis repeint pour faire ressortir l'ensemble du décor. Conservés en nombre très restreint, les miroirs en verre églomisé se caractérisent par leur décor doré sur fond rouge ou bleu, voire, plus rarement, noir.

La dynastie des Precht

Notre miroir est caractéristique des réalisations de Burchard Precht et de son fils Gustav. Originaire de Brême, en Allemagne, Burchard Precht s'établit en 1674 à Stockholm, où il participe activement à l'ameublement du Palais de Drottningholm. En 1682, il est nommé Sculpteur de la Cour de Charles XI et est missionné par ce dernier pour accompagner, en 1687, l'Architecte de la Cour, Nicodemus Tessin le Jeune, à Rome et à Paris, afin d'y étudier les nouveaux concepts esthétiques baroques en vue de la construction du nouveau Palais Royal de Stockholm. Ses fils, Gustav (1698 - 1763) et Christian (1706 - 1779), poursuivent son œuvre et eurent également beaucoup de succès, le second dans le domaine de l'orfèvrerie.

Étude stylistique

L'aspect général de notre miroir semble s'inspirer directement des modèles à parecloses français diffusés, à cette époque, dans toute l'Europe, par le biais de recueils d'ornemanistes, comme le Nouveau Livre d'ornemens, pour l'utilité des Sculpeurs et Orfèvres de Daniel Marot, paru vers 1700, ou les nombreux dessins et gravures de Jean Ier Bérain. Le recours, pour la structure et l'ornementation de leurs miroirs, au bois, bronze et plomb doré, est très caractéristique de la production des Precht père et fils. De même, certains motifs comme les paniers de fleurs ou, parfois, deux putti, assis sur les entablements se tournant le dos, sont également très caractéristiques.

Un miroir de Gustav Precht, de forme très proche, en cristal bleu, est reproduit sur la page de couverture de l'ouvrage de S. Roche, G. Courage et P. Devinoy : Miroirs (photo jointe), Ancienne Collection Kugel - Paris (Hauteur 122 x Largeur 69 cm). Un second, de forme similaire, (autre photo jointe) en verre coloré bleu, est illustré dans l'ouvrage de T. Sylven et E. Welander-Berggren : Speglar, Spegelmakare & Fabrikörer i Sverige, 1650-1850 et est actuellement dans une Collection Particulière. Un troisième, en verre gravé, reproduit dans le catalogue de la collection Wrightsman, est identique au nôtre par sa forme (photo jointe) : ancienne collection Wrightsman - New York (Hauteur 131 cm). Un quatrième, de moindres dimensions (129.5 x 69 cm), identique au nôtre, en verre églomisé sur fond rouge, figure dans une collection privée en Belgique : dernière photo jointe de ce miroir actuellement dans une collection Privée Belge. Ce dernier a fait, récemment, l'objet d'une restauration.

Caractéristiques

  • Epoque :18ème siècle
  • Origine :Danemark
  • Ebéniste :Gustav PRECHT
  • Matière ou technique :Verre
  • Dimensions :79 x 142 cm (Largeur x Hauteur)
  • Référence :2790

Etat de conservation

Très bel état

Bibliographie

Les Miroirs, 1650 - 1900, Graham Child, Éditions Flammarion, Paris, 1991. Miroirs, S. Roche, G. Courage & P. Devinoy, Bibliothèque des Arts, Paris, 1986. La Collection Wrightsman, F.J.B. Watson, New-York, 1966 (Volume II). Speglar, Spegelmakare & Fabrikörer i Sverige, 1650 - 1850, T. Sylvén et E. Welander-Berggren, Stockholm, 2000. Nordiska Museet Möbler Fran Svenska Herremansken, Wallin Signord, Stockholm, 1931 - 1935 (Volume I - III). Terminology of verre églomisé, Rudy Eswarin, Journal of Glass Studies, Volume 21, 1979. Thieme and Becker, Leipzig, 1999 (27/28, S. 367), Nouveau Livre d'ornemens, pour l'utilité des Sculpteurs et Orfèvres, Daniel Marot, vers 1700.

Muséographie

Ancienne Collection Marcel Bissey - Paris. Galerie Partridge - Londres. Collection Privée - Allemagne.

Voir plus de produits