Commode tombeau Louis XIV en sarcophage par Étienne Doirat1 sur 7 photos

Commode tombeau Louis XIV en sarcophage par Étienne Doirat

75 000 €

A propos de

Rare commode tombeau, dite en sarcophage, à plan rectangulaire et montants arrondis, de forme galbée, en placage de bois de violette marqueté en feuilles. Elle ouvre par trois rangs de tiroirs superposés et repose sur des montants, dont la partie basse, en retrait, est prolongée par des petits pieds cambrés réunis par une traverse chantournée. Elle présente une riche ornementation de bronze ciselé et doré telle que : lingotière, entrées de serrure, macarons, poignées tombantes, cornes d'abondance, tablier feuillagé en trois parties orné d'un mascaron, chute d'angles aux masques de satyre, descentes de chutes et sabots. Le dessus, aux angles arrondis en façade, est orné d'une marqueterie composée de figures géométriques dans des réserves et d'une rosace centrale plaquée en feuille. Estampille d'Étienne Doirat (vers 1675 - 25 juin 1732). Meuble de la fin de l'époque Louis XIV vers 1710 - 1715.

Parmi les commodes, dites en tombeau, qui constituent, sous la Régence, une production très en vogue, il est important de noter que la forme de ce meuble a fait l'objet de quelques variantes. C'est ainsi qu'il faut distinguer la commode tombeau classique à trois rangs de tiroirs, de celle à pont et de celle en sarcophage, qui est la plus rare. La nôtre présente la particularité d'avoir conservé son plateau d'origine en bois marqueté ceint d'une lingotière en bronze doré. L'estampille de son auteur figure, sous le plateau, sur la tête de pied antérieur gauche. Son originalité réside dans sa forme très spécifique caractérisée, pour ce type de commodes, par un décrochement inférieur du bâti, qui permet de mieux mettre en valeur le resserrement du meuble vers le bas. Ce décrochement est comparable à celui figurant sur les pieds d'un bureau illustré sur les dessins de Gilles-Marie Oppenordt, conservés au Cooper Union Museum de New-York et sur celui d'un projet attribué à André-Charles Boulle, conservé au Musée des Arts décoratifs à Paris. Les ébénistes ayant réalisé de tels meubles ont pour nom : Boulle, Cressent, Delaitre, Doirat, Gérard ou Poitou.

Jusqu'aux dernières années de Etienne Doirat, on ne connaissait guère cet ébéniste que par sa seule estampille et par les meubles où elle figurait. Les recherches récentes de Jean-Dominique Augarde permettent de mieux cerner sa carrière et sa production. Descendant d'une famille d'artisans qui travaillaient depuis au moins un siècle dans le faubourg Saint-Antoine, il naît d'un père maçon, vers 1670, et obtient ses lettres de maîtrise dans les premières années du XVIIIème siècle. Il travaillera toute sa vie rue du Faubourg Saint-Antoine, ou dans ses alentours immédiats, pour une riche clientèle française et étrangère. Ses meubles, d'un caractère souvent somptueux, appartiennent pour la plupart au style en honneur sous la Régence. Il s'agit en tout premier lieu de commodes qui constituent l'essentiel de sa production. L 'inventaire dressé le 14 juillet 1732, peu de jours après son décès, en mentionne un grand nombre, en tombeau, à la Régence, mais fait aussi état de grands bibliothèques, d'armoires, de buffets, de secrétaires, de régulateurs et de divers modèles de tables de jeu, de salon, de chevet. Ces meubles sont fréquemment habillés d'amarante ou de bois de violette, plaqués en feuilles ou marquetés de quadrillages.

Doirat utilise des bronzes abondants et de belle qualité, où les éléments traditionnels, comme les mascarons du temps de Louis XIV, les bustes de femme ou espagnolettes, typiquement Régence (un de ses décors favoris), cohabitent avec des motifs d'avant-garde, de style rocaille. Il orne la face de certaines commodes à tiroirs sans traverse d'un large cartouche de bronze que reprendront la plupart de ses successeurs. En ce domaine, Doirat, avant même Cressent, se révèle un des grands créateurs des formules décoratives et techniques qui feront la gloire de l'ébénisterie parisienne sous le règne de Louis XV.

L'œuvre de Doirat, sans doute, abondante, n'est que partiellement connue. Il est probable qu'il n'a estampillé ses ouvrages que dans la dernière partie de sa carrière. Jean Dominique Augarde n'a recensé que trente-huit meubles portant son estampille et conteste certains autres qui lui étaient jusqu'alors attribués. Quelques meubles portent, à côté de l'estampille de Doirat, les lettres L.S.P. de l'ébéniste Louis Simon Painsun, son gendre. Ce dernier semble avoir géré, rue Saint-Honoré, une boutique de meubles qu'avait louée Doirat. Il y vendait ses propres productions en même temps que celles de son beau-père. Ainsi s'explique la présence de leurs deux estampilles.

Caractéristiques

  • Epoque :18ème siècle
  • Origine :France
  • Matière ou technique :Marqueterie
  • Dimensions :127 x 81.5 x 61.5 cm (Largeur x Hauteur x Profondeur)
  • Référence :2729

Etat de conservation

Très bel état

Bibliographie

Le Mobilier Français du XVIIIème siècle par Pierre Kjellberg, Les Éditions de l'Amateur - 2002. Les Ebénistes du XVIIIème siècle, Comte François de Salverte, F. de Nobele, Paris - 1962. L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français au XVIIème siècle, Jean Nicolay, Editions Pygmalion - 1976. Le Style Régence, Calin Demetrescu, Les Éditions de l'Amateur - 2003. Les Commodes Tombeaux, L'Estampille, l'Objet d'Art, pages 50 à 65, N° 260, Juillet - Août 1992.

Voir plus de produits