Commode Régence par Etienne Doirat sauteuse en amarante

Commode Régence par Etienne Doirat sauteuse en amarante

90 000 €

A propos de

Grande commode d'Etienne Doirat d'époque Régence, en placage d'amarante, de forme galbée dite Sauteuse. Elle ouvre par trois tiroirs disposés sur deux rangs et présente une riche ornementation de bronze ciselé et doré telle que encadrements à écoinçons, entrées de serrure, poignées tombantes, rosaces, tablier, chutes d'angle à agrafe et masque d'homme barbu, descentes de chutes et sabots. Dessus de marbre brèche d'Alep.

L'ébéniste Etienne Doirat est né vers 1675 et décède le 25 juin 1732. Jusqu'à ces dernières années, on ne connaissait guère cet ébéniste que par sa seule estampille et par les meubles où elle figurait. Les recherches récentes de Jean-Dominique Augarde permettent de mieux cerner sa carrière et sa production. Descendant d'une famille d'artisans qui travaillaient depuis au moins un siècle dans le faubourg Saint-Antoine, il naît d'un père maçon, vers 1670, et obtient ses lettres de maîtrise dans les premières années du XVIIIème siècle. Il travaillera toute sa vie rue du Faubourg Saint-Antoine, ou dans ses alentours immédiats, pour une riche clientèle française et étrangère. Ses meubles, d'un caractère souvent somptueux, appartiennent pour la plupart au style en honneur sous la Régence. Il s'agit en tout premier lieu de commodes qui constituent l'essentiel de sa production. L 'inventaire dressé le 14 juillet 1732, peu de jours après son décès, en mentionne un grand nombre, en tombeau, à la Régence, mais fait aussi état de grands bibliothèques, d'armoires, de buffets, de secrétaires, de régulateurs et de divers modèles de tables de jeu, de salon, de chevet. Ces meubles sont fréquemment habillés d'amarante ou de bois de violette, plaqués en feuilles ou marquetés de quadrillages.

Doirat utilise des bronzes abondants et de belle qualité, où les éléments traditionnels, comme les mascarons du temps de Louis XIV, les bustes de femme ou espagnolettes, typiquement Régence (un de ses décors favoris), cohabitent avec des motifs d'avant-garde, de style rocaille. Il orne la face de certaines commodes à tiroirs sans traverse d'un large cartouche de bronze que reprendront la plupart de ses successeurs. En ce domaine, Doirat, avant même Cressent, se révèle un des grands créateurs des formules décoratives et techniques qui feront la gloire de l'ébénisterie parisienne sous le règne de Louis XV.

L'œuvre de Doirat, sans doute, abondante, n'est que partiellement connue. Il est probable qu'il n'a estampillé ses ouvrages que dans la dernière partie de sa carrière. Jean Dominique Augarde n'a recensé que trente-huit meubles portant son estampille et conteste certains autres qui lui étaient jusqu'alors attribués. Quelques meubles portent, à côté de l'estampille de Doirat, les lettres L.S.P. de l'ébéniste Louis Simon Painsun, son gendre. Ce dernier semble avoir géré, rue Saint-Honoré, une boutique de meubles qu'avait louée Doirat. Il y vendait ses propres productions en même temps que celles de son beau-père. Ainsi s'explique la présence de leurs deux estampilles.

Caractéristiques

  • Epoque :18ème siècle
  • Origine :France
  • Ebéniste :Etienne DOIRAT
  • Matière ou technique :Marqueterie
  • Dimensions :150 x 87 x 58 cm (Largeur x Hauteur x Profondeur)
  • Référence :2787

Etat de conservation

Très bel état

Bibliographie

Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle, Pierre Kjellberg, Les Éditions de l'Amateur - 1989. Les Ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Alexandre Pradère, Paris - 1989. Etienne Doirat, Menuisier en ébène, Jean-Dominique Augarde in The J. Paul Getty Journal, Édition J. Paul Getty Trust 1985, Volume 13, page 34, note 11.

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