Bonheur du jour Louis XVI par Adam Weisweiler1 sur 11 photos

Bonheur du jour Louis XVI par Adam Weisweiler

90 000 €

A propos de

Rare bonheur du jour par Adam Weisweiler à encadrements. Ce meuble d'époque Louis XVI de forme rectangulaire, en bois d'amarante massif et placage de satiné dans des filets de bois clair, d'amarante et d'ébène. Il ouvre, dans sa partie supérieure, par trois vantaux, dont un à brisure à double développement, et par un tiroir en ceinture formant écritoire. Il repose sur quatre pieds longs, de type composé, à cannelures simples et rudentées, réunis par une tablette d'entrejambe évidée en façade. Il présente une riche ornementation de bronze très finement ciselé et doré, telle que : galeries ajourées, rangs de perles à entrelacs, frises de feuilles d'eau, encadrements, colonnes détachées, cornière, plaques brettées, moulure à ressauts, bagues, tigettes et sabots. Dessus et tablette d'entrejambe coiffés d'un marbre blanc.

Notre meuble est à rapprocher d'un autre Bonheur du Jour plaqué d'acajou, reproduit dans la monographie consacrée à Weisweiler par Patricia Lemonnier, page 28 et identique en tout point à un autre, plaqué de loupe d'amboine, provenant de l'ancienne collection Lupu.

L'ébéniste Adam Weisweiler (1744 - 15 juin 1820) est reçu Maître le 26 mars 1778. Il est peut-être né à Nieuwied-sur-le-Rhin, et l'on a cru qu'il avait effectué son apprentissage chez David Roentgen, établi dans cette ville. Rien n'est moins certain et, comme le souligne Patricia Lemonnier dans l'ouvrage qu'elle lui a consacré, aucun document ne mentionne sa présence dans l'atelier du célèbre ébéniste. Quoi qu'il en soit, Weisweiler se trouve à Paris, rue du Faubourg-Saint-Antoine, lorsqu'il se marie en 1777. Après avoir reçu ses lettres de maîtrise, il acquiert une grande notoriété et devient l'un des ébénistes les plus brillants de la fin du règne de Louis XVI. Il reçoit des commandes de la Cour, la plupart du temps par l'intermédiaire du marchand-mercier Dominique Daguerre, pour lequel, à l'image de son confrère Martin Carlin, il travaille régulièrement.

Daguerre, dont le magasin se trouve rue Saint-Honoré, A la Couronne d'or, a succédé à Poirier en 1778. Il a conservé le quasi-monopole des plaques de porcelaine de Sèvres qu'il fournit à ses principaux sous-traitants : Leleu, Carlin, Weisweiler. Il leur procure aussi des plaques de Wedgwood. Il a ouvert une succursale à Londres et compte, parmi sa clientèle, le prince de Galles, futur George IV d'Angleterre, auquel il livre des meubles pour sa résidence de Carlton House. Au nombre de ces meubles figurent des œuvres de Weisweiler. D'autres ouvrages de l'ébéniste seront probablement achetés en 1791 par la cour d'Angleterre lorsque Daguerre vendra son stock à Londres, d'autres encore, sans doute, lors des ventes révolutionnaires, si bien que Weisweiler est aujourd'hui fort bien représenté dans les collections royales anglaises.

En 1797, Weisweiler quitte le faubourg Saint-Antoine pour s'établir rue des Tournelles. Il y possède une boutique et poursuit ses activités d'ébéniste. Il livre à la reine Hortense, en 1806, une paire de serre-bijoux typiquement Empire, qui ont subsisté, l'un en France dans une collection privée, l'autre en Suisse, au Musée napoléonien d'Arenenberg. D'une grande diversité, liée à des recherches continuelles de formes et de matériaux, la production de Weisweiler n'en présente pas moins une étonnante unité. Représentative du style dit Pompéien, elle se caractérise, dans sa totalité, par une qualité d'exécution hors pair. Les bâtis en chêne sont parfaitement assemblés, les bois (acajou, ébène, thuya, amboine, beaucoup plus rarement citronnier) sont sélectionnés parmi les essences de premier choix. Si les marqueteries restent pratiquement inexistantes, des plaques de porcelaine de Sèvres ou de Wedgwood, ainsi que des panneaux de laque du Japon décorent de nombreux meubles. Quant aux bronzes, la remarquable finesse de leur ciselure les fait fréquemment attribuer à Gouthière. Comme tous les ébénistes ayant travaillé pour des marchands-merciers, Weisweiler a été amené à répéter à plusieurs exemplaires, avec des variantes, les modèles à succès. Nous mentionnons ci-dessous ses meubles les plus typiques, les uns estampillés, les autres attribués avec une quasi-certitude :

Les commodes à vantaux

Grandes commodes en acajou à léger ressaut, ouvrant à trois vantaux dont deux articulés dits à brisure. Elles reposent sur quatre pieds toupies. Les panneaux de placage rectangulaires sont encadrés de strictes baguettes de bronze. Les colonnes d'angle détachées sont couronnées d'un chapiteau à cannelures torses. Il existe des modèles sans frise de bronze.

Les secrétaires en cabinet

Comme son confrère Martin Carlin, Weisweiler exécute des secrétaires en cabinet et leur imprime sa personnalité. Presque tous sont flanqués de gaines cariatides à buste de femme canéphore en bronze, presque tous reposent sur des supports cannelés réunis par un croisillon entrelacé. Certains sont ornés de panneaux en laque du Japon, tel un riche exemplaire de grandes dimensions (138 x 134 cm) livré par Daguerre en 1784 pour le cabinet du Roi à Versailles. Plus nombreux, semble-t'il, des secrétaires sont décorés d'une ou plusieurs plaques en porcelaine de Sèvres, de formes et de dimensions variables, auxquelles s'ajoutent parfois des médaillons de Wedgwood. Nombre d'entre eux sont plaqués de thuya et d'amboine. Des petits bureaux à cylindre, des bonheurs-du-jour s'apparentent aux secrétaires en cabinet par leur piétement fait de colonnes cannelées, droites ou en balustre étiré, réunies parfois par une tablette d'entrejambe mais, souvent aussi, par le croisillon entrelacé. Il en est de même de certains guéridons et de petites tables rectangulaires.

Guéridons et Consoles Dessertes

Petits guéridons ronds reposant sur trois doubles colonnettes en bronze simulant des tiges de bambou ; une tablette triangulaire d'entrejambe supporte ou non un élément décoratif : coupe, vase, pomme de pin. Le plateau plaqué de thuya ou d'amboine exceptionnellement d'acajou, est habituellement orné d'une plaque en biscuit de Sèvres imitant le Wedgwood. On ne saurait oublier, dans l'oeuvre de Weisweiler, de nombreuses consoles dessertes, certaines rectangulaires et souvent de grandes dimensions, la plupart à côtés arrondis et à tablette d'entrejambe, quelques-unes à croisillon entrelacé. Une plaque rectangulaire en biscuit de Wedgwood orne le centre de la ceinture de plusieurs d'entre elles. Plus inattendue, une de ces consoles, plaquée d'ébène, est ornée de panneaux de tôle peinte à l'imitation des laques du Japon. Quant au modèle le plus spectaculaire, il fut livré en 1790 par le marchand parisien Daguerre au prince de Galles, futur Georges IV, pour sa Chinese Room de Carlton House. Il s'agit d'une console desserte à encoignures d'angle (L. 175 cm) en ébène pourvue, précisément dans le goût chinoisant d'un somptueux décor de bronze constitué d'une draperie ornée de colonnettes imitant le bambou, de doubles pieds toupies torsadés et de divers motifs stylisés. Ce meuble hors du commun fait aujourd'hui partie des collections royales d'Angleterre. Des commodes classiques, des tables tricoteuses, des serviteurs muets font également partie de la production de ce Maître, de même que des bureaux plats ou des bureaux mécaniques. Il faut aussi mentionner des meubles somptueusement ornés de pierres dures polychromes. Celles-ci proviennent des cabinets Louis XIV vendus par le Garde-Meuble de la Couronne sous le règne de Louis XVI pour servir à la confection d'ouvrages nouveaux au goût du jour. La cour d'Angleterre possède plusieurs de ces meubles d'une richesse ostentatoire.

Caractéristiques

  • Epoque :18ème siècle
  • Origine :France
  • Ebéniste :Adam WEISWEILER
  • Matière ou technique :Bois doré
  • Dimensions :73 x 107 x 43 cm (Largeur x Hauteur x Profondeur)
  • Référence :2788

Etat de conservation

Très bel état

Bibliographie

Weisweiler, Patricia Lemonnier, Editions d'art Monelle Hayot, Paris - 1983. Le Mobilier Français du XVIIIème Siècle, Pierre Kjellberg, Les Éditions de l'Amateur - 2002. French Furniture Makers, Alexandre Pradère, Société Nouvelle des Editions du Chêne - 1989.

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